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Un peu d’histoire

mercredi 25 février 2009 par Michel Desgagné

Saint-Bruno-de-Montarville tiendrait son nom de Bruno le Chartreux et de la seigneurie de Montarville. Le nom de « Montarville » serait l’homonyme d’un village de l’Eure-et-Loir en France (Montharville). L’histoire de Saint-Bruno-de-Montarville commence en 1710 avec la seigneurie de Montarville. Celle-ci avait été concédée à Pierre Boucher de Boucherville par Louis XIV. Il faudra attendre plus de 130 ans avant que la seigneurie ne devienne une paroisse.

C’est en effet le 4 août 1842 qu’est signé un décret canonique créant la paroisse de Saint-Bruno, dont le nom aurait été choisi en l’honneur du sieur François-Pierre Bruneau, qui possédait à ce moment-là les droits sur la seigneurie, et de Bruno, un saint de l’Église catholique né vers 1030 en Cologne et décédé en 1101.

Moins de trois ans plus tard, soit le 8 juin 1845, la paroisse de Saint-Bruno est constituée en municipalité de la paroisse de Saint-Bruno. Elle perd toutefois ce statut le 1er septembre 1847 pour ne le retrouver que le 1er juillet 1855. Elle sera, durant cette période, fusionnée avec la municipalité de comté de Chambly. Finalement, c’est le 13 septembre 1958 que la municipalité de la paroisse de Saint-Bruno devient ville.

Puis en 1982, lors de la création des municipalités régionales de comtés (M.R.C.), la ville de Saint-Bruno-de-Montarville est regroupée avec la M.R.C. de La Vallée-du-Richelieu qui compte, à l’époque, 13 municipalités. Elle en fera partie jusqu’en 2001 car le 1er janvier 2002 le statut de Saint-Bruno-de-Montarville change une nouvelle fois. Elle est fusionnée avec la nouvelle ville de Longueuil créée par la Loi portant réforme de l’organisation territoriale municipale des régions métropolitaines de Montréal, de Québec et de l’Outaouais. Elle retrouve toutefois sont statut de ville le 1er janvier 2006 mais en restant liée à Longueuil par la structure d’agglomération mise en place par le gouvernement provincial.

- Unique et spécifique depuis sa fondation

Dès sa fondation en 1710, la seigneurie de Montarville se distingue de toutes les seigneuries installées au sud et à l’est de Montréal. Enclavée entre la seigneurie de Boucherville et la seigneurie de Chambly, la seigneurie de Montarville est la seule dans la région à ne pas avoir d’accès direct au fleuve Saint-Laurent ou à la rivière Richelieu. Encore aujourd’hui, dans le contexte de l’agglomération de Longueuil, Saint-Bruno-de-Montarville est la seule ville de cette agglomération à ne pas avoir un lien direct (pont) avec l’île de Montréal.

Mais ce n’est pas la seule distinction qui démarque la seigneurie de Montarville de ses voisines. En effet, si les seigneuries de Boucherville, de Longueuil, de Beloeil et de Chambly sont vouées au défrichage des sols à des fins agricoles, la seigneurie de Montarville, sise sur l’une des sept Collines Montérégiennes, sera consacrée à une vocation industrielle.

- Les moulins de Montarville

Profitant d’un réseau hydrographique constitué de plusieurs étangs et ruisseaux, la montagne accueillera dès 1725, son premier moulin à eau, réputé plus fiable et au rendement supérieur à un moulin à vent. Au cours du siècle qui suivra, Montarville comptera jusqu’à une demi-douzaine de moulins à eau qui serviront à moudre le grain, scier le bois, tanner le cuir, carder et tisser la laine.

Il faudra attendre le XIXe siècle pour voir se développer dans la seigneurie les activités traditionnelles d’une ferme tel l’élevage de la volaille et du bœuf, et des activités de cueillette liées à l’exploitation des érablières et à l’implantation de vergers.

- La bataille de l’autonomie de 1809 à 1855

Au début du XIXe siècle, les familles qui occupent le versant ouest sont liées à la paroisse mère de Boucherville alors que les familles occupant le versant sud sont liées à la paroisse de Saint-Joseph de Chambly.

Les Montarvillois en ont assez de dépendre de deux paroisses-mères et de payer des taxes (dimes) à l’une ou l’autre fabriques sans avoir un mot à dire sur leurs affaires. Dit autrement, les Montarvillois ne veulent pas être taxés sans représentation. En 2007, les Montarvillois ne disent pas autre chose que leurs ancêtres quand ils vilipendent la structure actuelle du Conseil d’agglomération de Longueuil qui les laisse sans voix véritable alors qu’on les surtaxe.

Sachant que pour obtenir un statut de municipalité, il leur faut d’abord se constituer en paroisse, les Montarvillois adressent en 1809, une requête en ce sens auprès de Mgr Joseph-Octave Plessis. Ce dernier refuse.

Trente trois ans plus tard, les Montarvillois récidivent. En 1842, une soixantaine de pétitionnaires montarvillois reviennent à la charge et font une requête à l’évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, dans le but d’obtenir le statut de paroisse. Cette fois-ci l’évêque accepte d’entendre leurs doléances et décrètera la fondation de la paroisse de Saint-Bruno-de-Montarville.

Le premier jalon vers la création de la municipalité de Saint-Bruno-de-Montarville est posé. En 1846, Saint-Bruno-de-Montarville devient officiellement une municipalité de paroisse. En 1855, à la faveur de la Loi constituant en municipalité toutes paroisses de plus de 300 habitants, Saint-Bruno-de-Montarville qui compte alors plus d’un millier d’habitants, se détache de la municipalité de comté de Chambly pour devenir entièrement autonome.

Au milieu du XXe siècle, à la faveur d’un véritable boom démographique, Saint-Bruno-de-Montarville obtient son incorporation municipale, le 4 septembre 1958.

- La montagne, le socle de l’identité montarvilloise

Au tournant du XXe siècle, la force d’attraction de Montarville exerce de plus en plus de pression sur l’occupation de ses sols et menace sérieusement la biodiversité de la montagne. À la fin des années 60, les maires de Saint-Bruno, tels les Gérard Fillion, Claude Allard et Gérard Lepage s’en inquiètent et interviennent pour endiguer l’exploitation de la montagne à des fins industrielles et résidentielles. En 1969, la municipalité obtient la cession d’une superficie de 1,5 kilomètre carré. Des conservationnistes montarvillois poursuivent la mobilisation de leurs concitoyens pour contrer des projets d’urbanisation qui continuent de menacer la montagne. En 1974, le gouvernement du Québec entreprend l’acquisition de terrains pour aboutir en 1985, à la création du Parc national de conservation du Mont-Saint-Bruno. Le parc couvre aujourd’hui une superficie de 5,6 kilomètres carrés.


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