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Le canari et la grenouille

jeudi 26 novembre 2009 par Rédacteur chef

En octobre 2009 le Parti montarvillois a convoqué la presse régionale et nationale pour dénoncer le plan d’urbanisme de l’administration du maire Claude Benjamin qui met en péril des millions de pieds carré de boisé et de terres humides dans St-Bruno. Dans le même souffle le chef du Parti montarvillois, Martin Murray, demande à l’administration Benjamin l’adoption urgente d’une Politique de conservation des milieux naturels. Ce n’est certes pas en zonant résidentiel les terres humides au sud de la 116 que la Ville de St-Bruno nous fera accroire qu’elle protège les milieux naturels de Saint-Bruno. La conseillère du Parti montarvillois, Michèle Archambault, invite son homologue du district 3, Joël Boucher ,de prendre fait et cause pour les résidents de Grand Boulevard Ouest qui s’inquiètent avec raison des projets des promoteurs privés. Les citoyens qui souhaitent une politique de conservation des milieux naturels sont invités à contacter le Parti montarvillois via le courriel : info@partimontarvillois.org

Voici une petite histoire de Michel Desgagné adressée au maire Benjamin, à ses conseillers et à un groupe imposant de ministères et d’organismes voué à la protection de la faune et à la conservation des milieux humides.

Le canari et la grenouille

La sensibilité au méthane et au monoxyde de carbonne de ce bel oiseau chanteur a sauvé la vie à des milliers et des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes enfouis dans le dédale des fosses à charbon du Vieux Continent. C’était à l’époque de la vapeur mécanique. Tout un peuple couvert de suie, les poumons silicosés, le corps miné par la tuberculose. Sans eux, la Révolution industrielle serait tombée en panne. Quand ils étaient dans le sombre labyrinthe, l’oiseau chanteur était leur sentinelle. Chante oiseau chante, notre vie en dépend, devaient-ils se répéter souvent.

Avec sa peau humide et glandulaire, la grenouille dépend de la chaleur de l’environnement. Cet amphibien respire par la peau autant que par ses poumons et doit en tout temps rester humide sinon c’est la dessiccation. Malgré leur fragilité, les amphibiens peuvent survivre à la congélation, c’est entre autres le cas de la Rainette faux-grillon dont le chant printanier séduit les Montarvillois qui vivent près des marais au sud de la 116 et dans les mares du Parc de Saint-Bruno. Malheureusement, depuis une vingtaine d’années, nous assistons à la disparition massive des amphibiens à travers le monde. C’est le cas en Montérégie où la Rainette faux-grillon, autrefois très répandue, est aujourd’hui une espèce menacée. Outre l’assèchement de nos marais pour faire place à l’étalement urbain et à l’agriculture industrielle, les chercheurs ont poussé plus loin leur investigation pour comprendre cette hécatombe. Ils ont abouti à la conclusion que les amphibiens constituent une partie essentielle de l’écosystème et qu’ils sont des indicateurs des effets des pluies acides, du réchauffement climatique, du rayonnement ultraviolet.

La Rainette faux-grillon est ainsi une sentinelle aussi précieuse pour les Montarvillois que ne le fut en son temps le canari pour les mineurs. J’invite la Ville de Saint-Bruno, le Ministère de l’environnement de la Montérégie, la ministre du Développement durable, de l’environnement et des Parcs, le ministère des ressources naturelles et de la faune, le ministère de l’environnement du Canada (en vertu de la Loi sur les espèces menacées), La Communauté métropolitaine de Montréal et la Fondation du Mont Saint-Bruno à déployer tous les efforts pour sauvegarder tous les milieux humides qui nous restent au sud de la 116 sur le territoire de notre municipalité. Une idée comme ça, pourquoi ces marais ne deviendraient-ils pas une annexe du Parc national de conservation du Mont-Saint-Bruno ? Imaginez les bienfaits qu’en retireraient les parents et leurs enfants déambulant sur des sentiers d’interprétation.

Saint-Bruno-de-Montarville appauvrit à jamais son patrimoine naturel

Le nouveau plan d’urbanisme de Saint-Bruno, adopté le 15 juin dernier, va sacrifier dans les prochaines années plus de 4 millions 400 mille pieds2 de boisé, de marais et d’espace vert au développement institutionnel, commercial et résidentiel.

En dépit de ses propres études sur les milieux naturels en 2007 et du Plan de conservation de la rainette faux-grillon déposé à la Ville en 2008, les autorités municipales de Saint-Bruno ont décidé d’aller de l’avant en vouant au développement urbain, un immense territoire dont la biodiversité est exceptionnelle à tout point de vue.

Voici des photographies prises par des riverains du marais.

En convoquant la presse régionale et nationale sur le principal site des milieux humides de Saint-Bruno, le Parti montarvillois veut attirer l’attention des Montarvillois et des Montérégiens sur le statut extrêmement précaire de ce patrimoine naturel.

Selon le chef du Parti montarvillois, Martin Murray, il y a trois zones de la ville qui sont particulièrement à risque, soient un boisé vierge de 500 000 pieds2 dans la montagne où un promoteur souhaite construire un projet résidentiel de luxe, un espace vert de 400 000 pieds2 limitrophe avec le Parc national de conservation du Mont Bruno, que la Ville a cédé à un promoteur pour y construire un CPE alors qu’il existe une maternelle vide dans un parc du centre-ville et 39 hectares de boisé et de terres humides dans le secteur sud de la route 116 que se partagent quelques promoteurs que la Ville veut encourager à développer avec son nouveau plan d’urbanisme.

« À la veille d’importantes négociations à Copenhague sur le réchauffement climatique et au moment où tout le monde s’inquiète de la dégradation accélérée de notre biodiversité, il est inconcevable qu’un gouvernement local manifeste un tel aveuglement et contribue à aggraver la situation » a déclaré M. Murray.

Le Parti montarvillois demande à la Ville l’adoption d’une Politique de conservation des milieux naturels à Saint-Bruno.

Le Parti montarvillois demande au maire Benjamin de rendre publique toutes les études que la Ville possèdent sur la richesse de son patrimoine naturel. M. Murray demande un moratoire sur les trois zones cités précédemment afin de procéder à une caractérisation exhaustive et à l’étude des lois et des programmes gouvernementaux, tant au niveau provincial que fédéral, qui permettraient de les conserver à perpétuité.

La Politique de conservation des milieux naturels montarvillois englobera tout le territoire de la municipalité de St-Bruno incluant son importante zone agricole.

Cette approche s’inscrit parfaitement dans l’engagement pris par l’équipe Benjamin lors de la campagne électorale d’implanter au sein de l’administration montarvilloise les principes de l’Agenda 21 local.

Cet agenda pour le 21e siècle qui s’inspire du Sommet de la Terre en 1992, comprend deux volets, soient un état des lieux et une évaluation des politiques menées au regard du développement durable.

« L’administration doit associer étroitement la population à cette démarche qui se présente comme un véritable projet de société pour le bien être des générations actuelles et à venir » a précisé M. Murray.

En juin 2008, la Ville de St-Bruno recevait une étude complète sur la présence de la Rainette faux-grillon sur son territoire. Cette étude s’inscrit dans le Plan de conservation de la rainette faux-grillon en Montérégie. Les auteurs de l’étude souhaitaient que la Ville de St-Bruno fasse connaître l’existence de l’étude à l’ensemble des Montarvillois et surtout que la Ville en tienne compte dans l’élaboration de son Plan d’urbanisme. Nous savons aujourd’hui que la Ville n’en a pas tenu compte et qu’elle s’est bien gardée de faire connaître l’étude aux Montarvillois. Dans un souci de transparence, le Parti montarvillois est heureux de mettre cette étude à la disposition de la population. Bonne lecture.

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